Préparer une navigation de plusieurs jours : le guide complet
- mfontaine11170
- 30 avr.
- 3 min de lecture
Partir en mer pour plusieurs jours, ce n'est pas simplement larguer les amarres avec un peu d'eau et quelques sandwichs. Une navigation hauturière ou côtière prolongée demande une préparation rigoureuse, qui conditionne autant la sécurité de l'équipage que le plaisir du voyage. Voici comment aborder sereinement cette étape essentielle.
Définir la route et étudier la zone
Tout commence sur la table à cartes. Avant même de penser au matériel, il faut tracer un itinéraire réaliste tenant compte des distances, des courants, des marées et des vents dominants. On définit une route principale et au moins une route alternative, avec des ports refuges identifiés tous les 30 à 50 milles selon le programme et le type de bateau.
L'étude de la zone passe par la consultation des cartes marines à jour, des instructions nautiques et des guides de navigation locaux. Les zones réglementées, les chenaux de séparation du trafic, les zones de pêche ou les aires marines protégées doivent être repérés à l'avance. Il est également utile de noter les heures d'ouverture des ports, les écluses et les éventuelles zones interdites de mouillage.
Surveiller la météo en amont
La météo est le paramètre numéro un d'une navigation longue. On commence à observer les tendances cinq à sept jours avant le départ, puis on affine au fur et à mesure. Plusieurs sources doivent être croisées : Météo-France marine, les modèles GFS et ECMWF via des applications comme Windy ou PredictWind, et les bulletins VHF locaux.
Pendant la navigation, il faut prévoir comment recevoir les fichiers météo en mer : NAVTEX, BLU, téléphone satellite, ou réseau mobile en navigation côtière. Anticiper les fenêtres météo permet souvent de décaler un départ de quelques heures pour éviter un coup de vent désagréable, voire dangereux.
Vérifier le bateau de fond en comble
Une checklist technique sérieuse couvre la coque et le gréement, le moteur (niveaux, filtres, courroies, presse-étoupe), les voiles et leur drisses, le circuit électrique, les pompes de cale, le pilote automatique, et l'ensemble de l'électronique de navigation. Les batteries doivent être en bon état et chargées à fond au départ.
Côté sécurité, le matériel obligatoire doit être contrôlé et à jour : gilets, harnais, lignes de vie, radeau de survie révisé, fusées en cours de validité, extincteurs, trousse de secours. Il est vivement recommandé d'embarquer une balise EPIRB ou une AIS-MOB, surtout au large.
Constituer l'avitaillement
Pour les vivres, on raisonne en jours de mer plus une marge de sécurité de 30 à 50 % en cas de retard ou de déroutement. L'eau douce est critique : compter au minimum 3 litres par personne et par jour, en intégrant cuisine et hygiène. Si le bateau dispose d'un dessalinisateur, il faut quand même prévoir une autonomie sans cet équipement.
Privilégier des plats faciles à préparer par mer agitée, des conserves, des féculents, des fruits qui se conservent (pommes, oranges, choux). Les repas doivent être nourrissants, surtout pour les quarts de nuit où le froid et la fatigue creusent l'appétit. Prévoir aussi des en-cas énergétiques et des boissons chaudes en thermos.
Préparer l'équipage
L'équipage doit connaître le bateau avant le départ : emplacement des vannes, du coupe-batterie, du matériel de sécurité, fonctionnement des winchs, des manœuvres principales. Un briefing complet la veille du départ permet de répartir les rôles, d'organiser les quarts et de rappeler les procédures d'urgence : homme à la mer, voie d'eau, incendie, abandon du bord.
Le rythme des quarts dépend du nombre de personnes à bord. À deux, des quarts de 3 à 4 heures sont courants ; à quatre ou plus, on peut allonger. L'essentiel est que chacun puisse récupérer suffisamment pour rester vigilant.
Régler les questions administratives
Selon la zone, plusieurs documents sont nécessaires : permis de navigation adapté, acte de francisation, assurance avec couverture pour la zone parcourue, passeports si l'on quitte les eaux nationales, et éventuelle déclaration de sortie auprès des douanes. Pour une traversée internationale, il faut anticiper les formalités d'entrée du pays de destination.
Il est aussi judicieux de laisser à terre un plan de navigation détaillé à une personne de confiance, avec les ETA prévues, les moyens de communication et la conduite à tenir en cas d'absence de nouvelles.
Anticiper les communications
VHF avec ASN, téléphone portable étanche, téléphone satellite ou Iridium GO pour les zones sans couverture mobile : les moyens de communication doivent être redondants. Vérifier que la VHF émet correctement, que le MMSI est bien programmé et que le GPS est connecté à la radio pour transmettre la position en cas d'alerte.
Le mot de la fin
Une bonne préparation transforme une navigation longue en expérience marquante plutôt qu'en épreuve. La règle d'or : ne jamais sous-estimer la mer, et toujours préférer un départ retardé à un retour difficile. Un bateau bien préparé, un équipage informé et une météo respectée constituent le triptyque gagnant de toute belle traversée.





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